Dernières nouvelles des cabris
N° 19, décembre 2001.EDITORIAL
Contra spem in spe
Rien n'est plus simple que la situation de la France dans l'Europe d'aujourd'hui : la souveraineté nationale étant interdite par les nobles instances de la supposée « construction européenne », c'est toute la légitimité de l'Etat-Nation qui s'effiloche, et l'ordre public lui-même. La souveraineté étant abolie, la Constitution européenne remplaçant la Constitution nationale, c'est toute autorité publique qui se trouve niée, comme les policiers et les gendarmes en font l'expérience, après les enseignants.
Une partie des Français tente de réagir - ou du moins se lamente. Combien sont-ils ? L'occasion aurait pu être donnée de les compter lors des prochaines élections nationales. Mais beaucoup se réfugient dans l'abstention, forme extrême du dégoût. Quant à ceux qui ont compris que, la souveraineté nationale et populaire étant jetée au ruisseau, c'est l'existence même de la France au XXI° siècle qui se trouve remise en jeu, ils n'auront pas l'occasion de découvrir qu'ils constituent sans doute le principal parti de France. Pourquoi ? Parce qu'ils sont divisés et, plus grave, parce que la plupart d'entre eux ne croient même plus possible d'influer sur le cours de l'histoire, c'est-à-dire porter l'un des leurs à la tête de l'Etat. Ils n'osent pas le vouloir, ils se perdent dans des querelles secondaires, préférant se dire de « gauche » ou « de droite », et s'amuser à se diviser encore entre telle ou telle écurie. S'il devait décidément en être ainsi, on peut être sûr qu'il ne se passera rien lors des prochaines élections...
Envers et contre tout, continuons notre route. Jeudi 13 décembre, place des Victoires à Paris quelques-uns se réuniront sous l'unique bannière de la souveraineté nationale et populaire. Combien serons-nous ? Dans quelques semaines cette feuille recto-verso déjà parvenue à son 19ème numéro va s'élargir à deux rejetons. Le premier né sera un supplément hebdomadaire qui donnera chaque semaine en ligne des informations sur l'état d'avancement de la destruction européenne, traduisant en français divers bulletins souverainistes européens, en particulier le site « Eu-observer ». Le second rejeton sera plus replet : dans les premières semaines de l'année prochaine sera lancé un mensuel de 16 pages qui, dans l'inspiration des Dernières Nouvelles des Cabris, tentera de couvrir, sous l'oil « souverainiste », l'ensemble de l'actualité : cadeaux en perspective pour nos bons lecteurs à l'approche de Noël qui est la bonne nouvelle du « Contra spem in spe ». Contre l'espoir vain, mais dans l'espérance.
Paul-Marie Coûteaux
Bonne bouffe
Le "Conseil de Guerre" de Londres a prouvé aux plus eurobéats des fédéralistes que la politique étrangère et de sécurité commune ou unique (PESC ou PESU) tient du théâtre de boulevard : un dîner, des invités d'importance, des voisins pauvres qui s'invitent, des portes qui claquent : Le Conseil s'amuse au 10 Downing Street. Cela aurait pu être du Wilde, c'était du Bush. La distribution du dernier acte comportait finalement toute la troupe, de Verhofstadt à Solana. Le seul absent remarqué fut Romano Prodi, qui, interrogé sur cette absence, lâcha un laconique : « Je n'ai pas été invité ».
Un peu de courage, M. Santer !
Le Curriculum Vitae que Jacques SANTER a transmis au Parlement européen et qui figure sur le site officiel de l'institution est très instructif. On y apprend que M. Santer a été Secrétaire d'État aux affaires Culturelles et au Travail du Grand-Duché de Luxembourg, qu'il est Président de la Fondation du Musée d'Art Moderne de Luxembourg et qu'il fut Gouverneur de la Banque Mondiale, du FMI et de la BERD entre 1979 et 1995. Mais, a-t-il, lui aussi, oublié qu'il a été Président de la Commission européenne de 1994 lors de sa chute fracassante ?
« L'Européen de la Maison Blanche »
La revue "European Voice" qui dressait dans une récente édition la liste de "50 européens de l'année" a encore assombri l'ambiance crépusculaire qui règne à la Commission européenne. En effet, l'absence remarquée de Romano PRODI de cette liste "des personnalités ayant eu le plus d'influence sur l'UE en 2001" est réhaussée par celle de son directeur de la Com. Notons aussi la présence dans cette prestigieuse liste de M. G. W. BUSH...
Acheter un Parlement européen ?
Dans toutes les entreprises du monde, les ordinateurs sont configurés de telle sorte qu'ils puissent être utilisés dans la plupart des langues du monde. Anglais, français, chinois ou arabe. A l'ONU, les ordinateurs, respectant la Charte peuvent être utilisés dans les 5 langues officielles ainsi qu'en arabe. Au Parlement européen, il n'en est rien : c'est une fois pour toutes le tout anglais. Un utilisateur qui tape le pronom relatif français « dont » voit immanquablement apparaître sur l'écran « don't », c'est à dire la contraction du « do not » anglais qui n'a rien à voir. Un député proteste-t-il ? On lui fait répondre que la seule solution est qu'il veuille bien acheter ... un ordinateur. Et ainsi de suite. Si un jour les débats ne sont plus traduits dans l'hémicycle, on lui conseillera peut-être d'acheter un hémicycle ou bien mieux encore, pour un prix légèrement supérieur, un autre parlement européen.
Sur la langueNicole Fontaine, prix spécial de la Carpette anglaise
Le prix de la Carpette anglaise est décerné chaque année à un fossoyeur de la langue française, à l'issue d'un déjeuner au Lucernaire d'un jury présidé par Philippe de Saint-Robert. C'est Jean-Marie Messier qui a reçu le prix cette année pour son obtination à faire travailler tous ses salariés en anglais. Notons que cette année un prix spécial, à titre étranger, a été attribué à Nicole Fontaine. Le détail de la cérémonie et les attendus des choix sont donnés sur le site de VOX LATINA à l'adresse : http://www.voxlatina.com/
Les green
Héritiers de la révolution culturelle que fut mai 68, les Verts entendent, comme on le sait, dépasser les vieilles nations. Pour ce faire, leur grand allié est toujours l'Amérique, dont ils sont devenus les grands zélateurs. C'est ainsi que sur le site de leur groupe au Parlement européen, comme toute documentation qui en émane, n'est utilisée que la langue anglaise - alors qu'il y a 9 députés français dans le groupe des Verts, et fort peu d'Anglais. Détruisez les nations, vous aurez l'Empire...
Il faudra compter avec les eurosceptiques
Candidat de l'Intergroupe SOS Démocratie, qui regroupe les députés que l'on nomme à Bruxelles et Strasbourg « eurosceptiques », le Danois Jens-Peter Bonde est candidat pour obtenir plus que la différence entre les votes en faveur de M. Cox, candidat libéral soutenu par les Démocrates Chrétiens du PPE, et ceux en faveur de M. Martin, Socialistes européens. Sa candidatutre obtiendra quoi qu'il en soit un nombre suffisant de voix pour faire entendre au Parlement européen la voix de la seule opposition qui en soit une.
Verts à la gamelle ?
En vue de l'élection du nouveau Président du Parlement européen, le groupe des élus verts auraient déjà conclu un pacte avec les Libéraux : ils soutiendraient M. Cox si, en échange, ils obtenaient un poste dans son cabinet une fois qu'il serait élu. Un porte-parole des Verts a admis que le même genre de négociations était également entrepris avec les Socialistes. C'est sûrement cela la Real Politik ?
Faire face à l'euro
Excellent ouvrage de Bertrand Renouvin et Sylvie Fernoy, « Le krach de l'euro », aux éditions du Rocher (85 FF). Il retrace l'histoire de cette monnaie venue de nulle part (puisque, rappelons-le le Traité de Maastricht ne prévoyait pas la création d'une monnaie unique) dont il démontre qu'elle est une machine à écraser les salaires et à produire toujours plus de souffrance sociale. A lire pendant le « passage ».
Ce n'est pas nous qui le disons
Relevons ce passage de Richard Beer, rédacteur en chef de « La Semaine de l'Europe » : "Avouons le : l'élargissement n'est pas un principe qui va de soi, et le passage à l'euro ne constitue pas un sacre. L'Union européenne n'a pas la cote, et, c'est un euphémisme. Selon des sondages concordants dans les Etats membres, depuis un an une majorité d'électeurs serait défavorable à la poursuite du processus d'intégration européenne. Les chiffres varient selon les pays, les questions posées, la conjoncture et les événements du jour, mais dans leur ensemble, ils traduisent un désarroi qui va crescendo, voire un désintérêt flagrant, manifesté de façon spectaculaire au cours du référendum sur le Traité de Nice."
« Cabris Hebdo »
Vous informer des réalités de l'Europe façon Maastricht et Amsterdam, tel est le but d'un nouveau support en ligne qui vous permettra de suivre semaine après semaine les aventures des eurocrates et autres cabris. En somme une version hebdomadaire sur Internet de cette feuille mensuelle. Informations sur le site pmcouteaux@europarl.eu.int
Lancement d'une campagne de boycott de l'euro. Consulter le site
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