Livres

 

 


Les ouvrages consacrés à la langue française se suivent et se ressemblent, peut-être parce que, obsédés par la recherche d'un consensus, ils n'osent concevoir la langue comme un instrument politique, au point qu'il paraît naturel de traiter longuement du français sans jamais traiter de la France...
Or, le sujet du français est d'abord la nation, dont il pourrait être le plus solide, et peut-être le dernier critère de définition, le môle ultime de l'appartenance politique, sociale et culturelle, finalement la clef cachée des maux qui assaillent de tous côtés une civilisation de plus en plus réticente à se penser elle-même. Crise de l'intégration, émergence des communautarismes, émeutes dites "des banlieues", querelles sur la mémoire nationale, débats sur l'école, sur l'apprentissage précoce de l'anglo-américain, évanescence de la représentation politique, concurrence de la citoyenneté républicaine et de la fusion européenne, mondialisation/américanisation du monde, information du consommateur, langue du travail, débat sur la diversité culturelle, le sentiment de dépossession de soi prend de multiples formes : chaque fois, la langue est le marqueur d'un malaise, d'une sujétion, voire d'une aliénation diffuse, chaque fois elle pourrait se faire l'instrument, au moins symbolique, d'une souveraineté retrouvée. Par la langue, les Français peuvent encore se relier à une communauté politique, à une histoire, à un ensemble national tout en trouvant par elle, et notamment la francophonie une voix dans le monde -ce que l'on pourrait appeler une façon d'être au monde. Aujourd'hui plus que jamais, l'être français est dans la langue. Quoi, sinon ?
Comment s'étonner dès lors de la montée en puissance du thème de la langue, aussi bien dans le débat sur l'école (cf. les polémiques sur l'apprentissage de la lecture) que dans un nombre croissant de conflits du travail, comme l'a montré la condamnation récente à une très lourde amende d'une filiale d'une société américaine qui entendait obliger son personnel à travailler en anglais, ou encore dans le débat de plus en plus discuté de la langue de l'Europe? Ce n'est pas un hasard si l'année 2006 a été décrétée "année de la francophonie", celle-ci s'affirmant, quelques semaines avant l'important sommet de Bucarest (octobre 2006), comme l'indispensable relai que trouve la France dans son combat pour la diversité culturelle et son refus d'un monde unipolaire -et si fleurissent les ouvrages consacrés ces derniers mois à la langue française... Encore faut-il, au risque de polémiques, penser la langue en politique...
   

 

 

 

 

Durant près d’une année, Paul Marie Coûteaux, Député français au Parlement européen qui a imposé le terme de « souverainisme » dans le paysage politique français et Nicolas Dupont-Aignan, Député-Maire d’Yerres en Essonne et Président de "Debout la République", ont échangé une correspondance.
A partir de leur attachement commun à la "réalité granitique des nations", le penseur du souverainisme et le chef de file des nouveaux gaullistes ont confronté leurs analyses et leurs réactions face à l’actualité, éprouvant leurs points de convergence et de désaccord.
Au fil de douze lettres, ils livrent leur vision de la France et leurs espoirs, dessinant les contours d’une autre politique.
Deux personnalités originales pour un dialogue qui ne l’est pas moins : la France peut-elle, doit-elle, poursuivre son chemin propre ?

   

 

 

 

 

"La demeure que j'ai acquise en 1999, dénommée "Le Fournay", est à quelques encablures du village d'Allichamps, dans le sud du Berry, qui passe pour le centre exact de la France, détail qui fut pour moi l'un de ses premiers attraits. Comme toujours, je ne peux démêler ce qui, dans mon choix, ressort de l'attirance personnelle et de la conviction toute politique que ses territoires, comme l'on disait autrefois sa "terre", constituent l'un des plus précieux des trésors de la France, quand bien même le laisse-t-elle aujourd'hui en friche. C'est de ce chapitre rustique que sont extraites les pages qui suivent".

   

 

 

 

 

Platon, Aristote, la Bible, les Evangiles, saint Augustin, Péguy, Proust... Me serais-je jamais douté, moi qui ne croyais pas aux mystères, que je ne les découvrirais, et ne les comprendrais qu'en réfléchissant à un événement de l'Histoire survenu un certain 18 juin, en mettant chaque jour à l'épreuve l'incertaine idée que nous avons de la France, en retrouvant peu à peu ce que fut, fit et voulut faire de Gaulle ?

Aurais-je jamais cru que, par lui, remontant jusqu'au petit roi Clovis qui tend à travers les siècles le fil de l'aventure française, je retrouverais le génie de la France et que, par elle, je découvrirais celui du christianisme ?

   

 

 

 

 

Oui ou non la France, Etat souverain depuis huit siècles (Bouvines), on peut dire dix (élection d'Hugues Capet) à moins que ce ne soit quinze (Reims et Tolbiac), va-t-elle continuer à exister durant le troisième millénaire ?

Engagés dans l'épreuve du feu que les alchimistes de la Renaissance nommaient "l'oeuvre au noir", improbable transformation du plomb en or, du vieux désordre des nations à l'unité rêvée d'une "nouvelle Europe", trois hommes détiennent à titre principal la clef de ce délicat passage.

Paul-Marie Coûteaux a considéré comme un devoir d'écrire à chacun d'eux. Par respect des préséances, la première lettre s'adresse au président de la République française, Jacques Chirac. La deuxième est destinée à Charles Pasqua qui, pour aujourd'hui, incarne le combat pour les libertés nationales, et pour l'Europe des Etats. Et la troisième à Jean-Pierre Chevènement, celui dont dépend que ce dur et long combat soit mené par l'impérissable escadre gaulliste ou qu'il devienne celui de la nation tout entière.

   

 

 

 

 

Trente ans après le joli Mai, l'heure est venue de l'inventaire : contre le tryptique "Travail, Famille, Patrie", vous avez, petits marquis de 68, remporté toutes les victoires, substituant au Travail le Chômage, à la Famille les Bandes, à la Patrie les vieux Empires - noyant ainsi la République dans la soupe européenne, la Liberté dans la jungle, l'Egalité dans l'aumône bureaucratique et la Fraternité dans le confort guerrier des tribus. Vous souhaitiez jouir sans entraves ? Vous ne fîtes que cela. Vous vouliez détruire la belle langue ? Vous ânonnez à présent dans la langue du maître, tels des esclaves. Vous assuriez que tout était possible ? Tout l'est en effet, surtout le pire. Seigneurs du pavé, tristes Sirs ! Vous vouliez rajeunir la France, vous la vieillissez désormais et votre Moderne en toc, qui ne vous a libéré que de vous-mêmes, comme il radote aujourd'hui en face des vieilles vertus ! Allons, il faut savoir disparaître. Y aurait-il nécessité de quelques pavés ?

   

 

 

Les Français commencent à comprendre qu'il n'est point d'autre politique possible, économique ou sociale, sans une autre politique européenne. Pas de nouvel élan sans une autre politique étrangère, dont aujourd'hui tout dépend.

Instituée par le traité de Maëstricht, la "politique étrangère et de sécurité commune" (Pesc) réinvente au même moment une "sécurité collective" qui tend un piège discret mais habile à ce qui reste de liberté politique aux nations. Depuis lors, chacun des grands dossiers internationaux - Yougoslavie, Proche-Orient, Otan... - a révélé d'inquiétantes discordes européennes. Quand l'Union parle d'une seule voix, c'est pour ne rien dire, dessaisissant les Etats de leurs politiques au bénéfice d'une normalité diplomatique qui accentue les déséquilibres et porte en elle bien des conflits. Le traité d'Amsterdam de juin 1997 entend substituer, à l'illusoire unanimité des Quinze, le principe de décisions prises à la majorité, qui enferme ainsi la France dans un tête-à-tête avec l'Allemagne la privant de ses alliances et de ses responsabilités mondiales. Si l'Allemagne peut imposer et l'Angleterre s'opposer ou rester à l'écart, la France en est réduite à proposer, avant de se soumettre. C'est Munich tous les jours - et déjà Nuremberg...

Ecrit dans un style ample, d'une érudition qui n'exclut ni l'humeur ni l'humour, cet essai offre une synthèse de l'histoire, de la géographie et des rapports de force de l'Europe au XXe siècle, éclairant la délicate partie diplomatique que jouent aujourd'hui les Quinze.

   

 

 

 

 

Voici, enfin, tel qu'en lui-même, Clovis :
- Reims ou le baptême et la fondation d'une légitimité ;
- Soissons, le vase, et l'abandon du système des dépouilles et la nécessité de l'Etat, garant de la justice, face aux féodalités de tous ordres ;
- Tolbiac, la victoire sur les Alamans et l'invention de la nation face aux empires ;
- Orléans, la convocation du concile, et l'affirmation d'une civilisation où la royauté puis la Res publica ne se confondent pas avec la religion ;
- Paris, l'élection d'une capitale, et l'esquisse d'une souveraineté.

Ces cinq lieux symbolisent cinq leçons essentielles aux métamorphoses sans cesse recommencées. Mêlant la rigueur de l'école des Annales et le souffle retrouvé d'un Michelet, invoquant Hugues Capet ou de Gaulle - mais Astérix aussi -, Paul-Marie Coûteaux révèle, loin des images pieuses et contre les dérives idéologiques, les liens souterrains, toujours féconds, de l'histoire de France.

 

 

 

 

 

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