Sur la démocratie en Afrique
Intervention du 14 décembre 2000.
Monsieur le Président,
Il est heureux que nous ayons loccasion de parler de lAfrique, ce que nous faisons trop peu. Pour une fois donc, de grâce, abstenons-nous de souligner, voire dexacerber, les rivalités au sein des jeunes et fragiles nations africaines.
Le processus démocratique en Côte-dIvoire est désormais en très bonne voie. Lauteur du coup dEtat de décembre 1999 a été battu par le suffrage universel chose remarquable que lon naurait pas vue voici vingt ans au bénéfice dun candidat que lon peut considérer comme le président parfaitement légitime de la République de Côte-dIvoire.
Il nous incombe donc de tenir ceux qui contestent la légitimité du président Bagbo pour des éléments subversifs, ce que le gouvernement ivoirien a bien le droit de prendre en compte. M. Ouatara nest pas de nationalité ivoirienne et il est parfaitement normal, comme il le serait dans chacun de nos Etats, que la Côte-dIvoire écarte des responsabilités nationales ceux qui nont pas la responsabilité ivoirienne. Le concept divoirité me paraît, pour ma part, parfaitement fondé.
Jajoute que les Etats tiers qui profitent de cette situation pour déstabiliser la Côte-dIvoire faute, sans doute, de pouvoir la contrôler, nempêcheront pas que la démocratie progresse en Afrique, surtout en Afrique francophone et en Côte-dIvoire en particulier, après le Sénégal au début de lannée. Il est tout à lhonneur de la France que daccompagner ses partenaires et ses alliés sur cette voie salutaire.
Paul-Marie Coûteaux
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