Droits de l'homme
Intervention du 6 juillet 2000
Monsieur le Président, c'est bien court, une minute, pour un si grave sujet. Je dis grave, parce qu'il s'agit ni plus ni moins de la survie d'un peuple, et de ce qu'il faut bien appeler, comme l'a fait naguère un ministre français de la Défense, M. Chevènement, une ratonnade internationale contre une nation qui prétendait échapper au nouvel ordre mondial. Cette ratonnade augure fort mal de l'avenir.
Ce nouvel ordre mondial, expression de M. Bush pour masquer les intérêts des multinationales et en l'occurrence des grands pétroliers américains, est pour nous de plus en plus intolérable. À cet égard, on s'étonne du silence des milieux humanitaires devant la situation des Irakiens qui souffrent et, pour plus d'un million d'entre eux déjà, qui meurent de notre fait. Quel contraste et quelle hypocrisie entre l'humanitarisme et cet holocauste dont nous sommes tous collectivement les acteurs et cela par pure lâcheté face à la puissance américaine, ce grand empire auquel, sur aucun sujet, ce Parlement en particulier et l'Europe en général ne sont capables de s'opposer, comme l'a encore montré notre vote d'hier sur Echelon.
Le plus grave, et ce sera ma conclusion, car il y aurait décidément bien trop de choses à dire, est que, pour une fois, un pays du Sud parvenait à se développer, et que les pays du Nord, en rang derrière Washington, n'ont eu de cesse de le détruire. C'est infiniment dangereux et inquiétant pour le siècle qui s'ouvre.
Paul-Marie Coûteaux