État du dialogue transatlantique

Intervention du 16 mai 2001

Monsieur le Président, de gros nuages s'accumulent sur l'Atlantique et ils sont lourds d'orage. Je ne pense pas seulement à l'engrenage des violences, dont se nourrit la société américaine et dont le rythme des exécutions capitales n'est qu'un symptôme parmi d'autres. En réalité, cette société, fondée sur un génocide et dont les valeurs cèdent sans cesse devant la loi de la jungle baptisée "libéralisme", ne peut que vivre dans la violence, et cela, finalement, ne nous regarde pas.

En revanche, ce qui nous regarde, c'est l'habitude prise par la politique américaine de faire ce qu'elle veut où que ce soit dans le monde et de s'affranchir de toutes règles internationales, y compris de celles qu'elle impose aux autres. On pense aux accords de Kyoto. Il ne faut pas oublier non plus le refus par Washington de signer l'accord sur les expérimentations nucléaires, valable aux yeux des États-Unis pour tous les États sauf le sien, et tant d'autres accords d'ailleurs qui montrent que Washington veut ligoter les États de la terre entière sans être tenue par rien en ce qui la concerne. Songeons aussi au scandaleux dossier Echelon, qui montre que Big Brother, c'est-à-dire le grand frère, n'est-ce pas, entend surveiller toute la planète mais n'accepte pas le moindre droit de regard, comme le prouve l'insolent et scandaleux accueil qu'a récemment reçu notre commission d'enquête sur ce réseau qui a porté au comble sa puissance impériale. Le pire, c'est que nous sommes comme un lapin, fasciné par le boa ou le serpent qui va le mordre, et que nous suivons cette politique impériale, mon dernier espoir étant que la France résiste à cet aplatissement général de l'univers.

Paul-Marie Coûteaux