Cette croyance se traduit, notamment dans le rapport, par la revendication, dès ce stade, de la communautarisation de la PESC, qui a d'ailleurs été critiquée à juste titre en août dernier par le président de la République française, mais qui revient sans cesse et qui se nourrit de cette idée, je le répète, magique, de la préexistence d'un intérêt et donc d'une politique étrangère commune.
Or la réalité, de crise en crise, dément sans cesse cette croyance. Les crises balkaniques, en Bosnie d'abord puis, plus récemment, au Kosovo, entre-temps les crises dans la région des Grands Lacs, les différentes étapes des crises au ProcheOrient, nous ont montré que jamais, jamais, l'Union européenne ne parvenait à prendre une initiative et à jouer un rôle autre que de comparse, des ÉtatsUnis, évidemment. Nous ne pouvons que réagir aux initiatives que prennent d'autres, sur d'autres rives de l'Atlantique, et, le pire, d'une certaine façon, le plus savoureux pour ceux qui savent de quoi est faite l'Europe, c'estàdire de nations indépendantes, c'est que dans plusieurs crises, notamment actuellement dans la crise irakienne, elle suit, cette pauvre Europe, et encore en désordre des divergences à 90 degrés entre Londres et Berlin, et Paris aussi, dans une certaine mesure, sont manifestes.
Ainsi, Monsieur le Président, mes chers collègues, il faudrait peutêtre que nous réfléchissions un jour ou l'autre sur l'exercice même de la PESC, parce que nous atteignons tout de même un degré d'absurdité, en répétant sans cesse que la prochaine fois nous ferons mieux et que, de rapport en rapport, nous allons pouvoir définir une politique étrangère commune. Celleci reste chimérique et elle le restera. Je pense que, à un moment ou un autre, il faudrait réfléchir sur sa possibilité même.
Paul Marie Coûteaux