Intervention du mercredi 9 avril 2003 sur l'élargissement

 

Monsieur le Président,

nous ne nous mêlerons pas de contester tel ou tel point du rapport Elmar Brok. Nous le rejetons en bloc pour la simple raison que nous rejetons l'élargissement dans son principe même.


Il existe plusieurs causes à cela. D'abord une cause logique: pour nous souverainistes, l'actuelle construction de l'Europe est si contraire aux intérêts, aux principes et aux civilisations des nations et des peuples d'Europe, elle est si manifestement incapable de parler d'une voix dans le monde, comme le montre l'affaire irakienne, elle est si mal organisée, encombrée de bureaucratie et, plus grave encore, de féodalité ­ féodalité économique, financière de toutes sortes ­ que nous en sommes venus à souhaiter que notre pays, la France, s'en libère. Et l'on voit mal pourquoi on imposerait à d'autres cette machine infernale que nous rejetons pour nous-mêmes.
Mais il existe, à l'évidence, d'autres raisons: les peuples d'Europe ne sont pas prêts, ils sont victimes de leurs oligarchies, qui, elles-mêmes, ne font que suivre un conformisme international qui mènera, une fois encore, à des catastrophes, puisque nous nions les réalités.

Enfin, le président de la république française, Jacques Chirac, a dit, selon moi, de façon très précise et très juste que les pays de l'Europe de l'Est, et surtout leurs oligarchies, n'aspirent qu'à passer d'un empire à un autre et, au fond, à se soumettre à l'empire américain, ce qui est exactement le contraire de la seule raison d'être, dans notre esprit, de l'Union européenne. Ainsi, pour toutes les raisons qui précèdent, nous ne voterons pas en faveur du rapport Elmar Brok demain.


Paul Marie Coûteaux