Intervention du 3 septembre 2003 sur la situation en Irak

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, l'histoire a souvent besoin de temps pour juger de la pertinence et de l'efficacité d'une décision politique. Dans ce cas d'espèce, elle n'a guère besoin de temps pour juger la décision prise par le président Bush et son acolyte, le Premier ministre britannique, de détruire l'Irak, puisque tel était bien le but. En réalité, l'histoire retiendra que cette triste affaire est fondée sur un double mensonge. Je ne m'étendrai pas sur le premier mensonge, puisqu'il a souvent été relevé; c'est ce fameux prétexte qu'il faut détruire un pays pour y supprimer des armes de destruction massive. Il n'y en avait pas, nous le disions, les inspecteurs le disaient, ce fut vérifié.

Le second mensonge, tout aussi grave et même plus encore, doit nous interpeller. Est­ce que le président Bush et Tony Blair souhaitaient vraiment éradiquer l'islamisme ou, au contraire, ne souhaitaient­ils pas le favoriser et l'installer en Irak? Comme je l'ai déjà dit à cette tribune, il y a encore un an, l'Irak était le seul pays arabe absolument exempt de toute trace d'intégrisme islamique. Aujourd'hui, l'intégrisme s'y est installé, il y joue comme dans une cour de récréation. Est­ce que l'empire américaincontinuera longtemps à favoriser l'intégrisme islamique ?

Hélas, trois fois hélas. Il y a de nombreux députés européens qui ont soutenu cette politique dans cet hémicycle. Je le regrette pour l'Europe, car au fond, ils n'ont fait que favoriser une triste politique de gribouille.

 

Paul Marie Coûteaux