Intervention du 17 novembre 2004 sur la déclaration de M. Barroso, Président élu de la Commission
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les représentants des nations, les souverainistes français voteront contre la Commission dite Barroso pour, dabord, des raisons de principe, que jai déjà dites ici. Nous sommes opposés à ce simulacre dÉtat que voudrait être lUnion européenne, à la Commission qui joue au gouvernement et qui aurait besoin dune investiture. Évidemment, nous ne pouvons pas tolérer tout cela.
Nous ne pouvons pas non plus tolérer lambiance dans laquelle sest constituée votre Commission, Monsieur Barroso: une ambiance de chasse aux sorcières. Dabord, notons que les États sont dépossédés de leurs dernières prérogatives sur la Commission, puisque deux dentre eux ont dû reculer. Cest pour nous un phénomène inquiétant, bien entendu. Ensuite, le sacrifice de Mme Udre, à lencontre de laquelle on avait bien davantage que des soupçons de prévarication: on lui reprochait davoir été critique à légard de lEurope. Or, lentreprise totalitaire qui sappelle Union européenne ne saurait supporter la moindre critique en son sein. Enfin, lambiance ne nous plaît pas en raison du sort réservé à M. Buttiglione, qui a été jeté aux lions dans le Colisée. Dailleurs, le 29 octobre, les chefs dÉtat et de gouvernement, en signant sur le Capitole la prétendue Constitution européenne, ont tourné le dos au Vatican, ont tourné le dos aux racines chrétiennes, ce qui constitue à nos yeux une dérive inacceptable.
Jespère que les catholiques de France, les chrétiens de France et dEurope se souviendront de cet épisode et sauront que lEurope, décidément, tourne le dos à ses racines. Je pense quil est illusoire de croire que, dans de telles conditions, en coupant ses racines, on peut aller très loin.
Paul Marie Coûteaux