Intervention du 8 mars 2005 sur la situation au Liban

 

Monsieur le Président, une minute, c'est peu pour une question aussi compliquée, dont on ne connaît que très peu d'aspects. Je me bornerai à poser une question, pourquoi incriminer seulement la Syrie?

Certes, la culpabilité de la Syrie est de l'ordre du possible, mais elle est une hypothèse, et je m'étonne et je regrette que tout le monde, les médias, et en écho, hélas, toutes les classes politiques d'Europe, de l'extrême gauche jusqu'à la droite extrême, retiennent uniquement la piste syrienne, qui elle­même est complexe d'ailleurs.

Il y en a d'autres. La piste iranienne, l'Iran ayant certainement intérêt à détourner l'attention sur la Syrie, la piste américaine, les États­Unis ayant sans doute intérêt à découper le Moyen­Orient en autant de communautés religieuses ou ethniques. Il y en a d'autres.

Pourquoi ne pas les envisager? Qui a intérêt à la reprise du conflit au Liban? Pas nécessairement la Syrie et pas davantage en tous les cas l'Europe et, n'en déplaise à M. Moscovici ou à Mme Le Pen, pas la France, quoi qu'il en soit, qui a besoin du Liban, un pays chrétien et aussi multiconfessionnel, qui, d'une certaine façon, est un exemple pour l'ensemble de la région.

 

Paul Marie Coûteaux