Intervention du 13 avril 2005 sur la politique étrangère et de sécurité
Monsieur le Président, une minute trente c'est beaucoup plus qu'il ne m'en faut, attendu que les immenses sujets dont il est question dans ce rapport valise supposent l'existence d'un ministre des affaires étrangères, d'un service diplomatique et d'une politique étrangère commune. Or, de politique étrangère commune, nous n'avons pas ne serait-ce que l'esquisse d'une esquisse depuis qu'elle fut décrétée en 1992 par le titre cinq du traité de Maastricht. Il n'y a d'ailleurs pas et il ne saurait y avoir de politique commune, pour la bonne raison qu'il n'y a pas de concordance entre les principes, les traditions, les intérêts et, partant, les politiques de nos différentes nations. À commencer par ce point cardinal d'ailleurs: les relations avec les États-Unis d'Amérique.
Quant à cette autre condition minimale, la création d'un instrument diplomatique commun, elle suppose l'adoption de la Constitution européenne. Or, je suis désolé de vous le dire ce n'est d'ailleurs pas un secret pour grand monde il est fort probable que ledit projet ne verra jamais le jour et que tous vos échafaudages, installés sur le grand vide de la légitimité populaire, s'effondreront d'eux-mêmes.
Je pourrais donc en rester là et ne pas épuiser mon temps de parole, ni vos nerfs, mais je ne voudrais pas vous empêcher de rêver, car vos rêves intéressent beaucoup les souverainistes qui font campagne aujourd'hui en France et ailleurs. Quand, dans nos réunions, nous annonçons aux Français qu'il existe à Washington un personnage qui se fait donner la pompeuse appellation d'ambassadeur de l'Union européenne auprès des États-Unis, ils s'amusent beaucoup. Quand on annonce aux Français qu'il y aura, avec ladite Constitution, un soi-disant ministre des affaires étrangères et que le titulaire du poste sera, comme par hasard, un ancien secrétaire général de l'OTAN, eh bien, les Français sont encore plus amusés ou intrigués ou scandalisés.
Continuez donc, Mesdames et Messieurs les UEistes et europiomanes en tous genres,
de nous fournir des arguments aussi distrayants.
Paul Marie Coûteaux