Intervention du 13 juin 2006 sur la situation des droits de l'homme en Tunisie

Monsieur le Président, j'ai peu de temps, hélas, mais certains de mes prédécesseurs se sont vu accorder certaines grâces, j'en demande autant.

Mon groupe aimerait rappeler que, contrairement à ce que l'on aime tant croire ici, il n'y a pas d'unanimité pour chercher querelle, sur le terrain des droits de l'homme, au gouvernement de la Tunisie, pays ami s'il en est. Tel était d'ailleurs le sens de l'intervention de mon excellent collègue Busuttil, que j'approuve.

D'abord, beaucoup jugent que les querelles internes à la Ligue des droits de l'homme - obscures querelles tunisiennes, d'ailleurs - n'ont pas à être tranchées par le Parlement européen. Ce n'est pas notre rôle. Ensuite, nous sommes nombreux à nous réjouir de voir un pays du sud progressant si bien sur la route du développement, et ce depuis de nombreuses années, qu'il peut devenir à terme un vrai pays développé et, à ce titre, servir de modèle à l'ensemble du monde arabe, et peut-être même à l'ensemble de l'Afrique.

Notre admiration pour la Tunisie est d'autant plus vive que son gouvernement sait tenir en respect les vagues toujours récurrentes et menaçantes, on le sait, de l'intégrisme et du fanatisme religieux. Beaucoup d'entre nous s'étonnent aussi que ce pays puisse obséder certaines personnes au point qu'elles consacrent l'essentiel de leur mandat parlementaire à chercher par tous les moyens à jeter l'opprobre sur lui. C'est pour le moins étrange.

Et beaucoup s'interrogent enfin sur le recours constant à ce principe de "deux poids deux mesures". Nous sommes très sourcilleux sur les droits de l'homme avec certains pays, surtout quand ils échappent à l'influence américaine et à l'univers anglophone, mais beaucoup moins regardants vis-à-vis d'autres, y compris des pays membres.

(Le Président retire la parole à l'orateur)