Intervention du 14 mars 2007 sur l'avenir de la construction aéronautique européenne
Monsieur le Président, laffaire EADS est emblématique des cafouillages, à notre avis, de la conception fusionnelle de lEurope.
Il est stupéfiant que certains esprits ironisent à son sujet sur la faillite de lEurope des coopérations que proposent les souverainistes, alors que depuis quAirbus a été absorbé par EADS, nous avons justement abandonné la logique des coopérations qui avaient fait le succès des premiers modèles dAirbus, au bénéfice de la conception fusionnelle, laquelle à grand renforts de privatisations et de concentrations, finalement de fusions, a créé une entreprise EADS dont lun des premiers résultats est de mettre en danger le programme Airbus et, avec lui, les nombreux emplois quil assurait, notamment en France.
La France fut bonne fille, dailleurs, en acceptant de partager avec son partenaire allemand, dune part, son savoir-faire acquis de très longue date, on pourrait dire depuis le début de laviation, et dautre part, les nombreux investissements quelle a consentis - publics - dans le domaine, permettant ainsi à lEurope de ne pas laisser le monopole dans laéronautique aux deux géants des empires, Boeing pour les États-Unis, Tupolev pour la Russie.
À noter dailleurs que lAllemagne na pas partagé pour sa part sa prééminence dans le domaine des machines-outils, mais enfin, cette coopération avait abouti à dheureux résultats jusquà ce que lidéologie dominante, qui nest pas tant celle du libéralisme que celle du libre-échange, ait abouti à privatiser, notamment en France, les plus beaux fleurons industriels, et en particulier laérospatiale, au bénéfice dentreprises où lon parlait anglais, dont le siège était aux Pays-Bas et qui étaient soumises au droit hollandais. Des dysfonctionnements en suivirent et finalement je crois que cest précisément la conception fusionnelle représentée par EADS qui est en faillite.