Intervention du 25 avril 2007 sur les relations transatlantiques
Monsieur le Président, ce que nous entendons depuis ce matin sur les soi-disant relations transatlantiques - expression bien fallacieuse car nos capitales entretiennent des relations fort diverses avec les États-Unis - ne nous rassure pas.
En réalité, cette expression cache mal une relation de subordination qui, de surcroît, me semble aller croissant. Partout nous cédons. Qu'il s'agisse de la transmission de données personnelles pour divers motifs, qu'il s'agisse de ces étonnants abondons de souveraineté, honteux pour toute l'Europe, que sont les prisons secrètes de la CIA et autres affaires de ce genre, trop vite oubliées d'ailleurs, qu'il s'agisse de notre complaisance à accepter le terme même de communauté internationale, qui ne signifie guère autre chose que la cohorte de l'empire et de ses affidés, ou encore qu'il s'agisse d'une manière générale de la place, trop mal connue d'ailleurs, qu'occupe l'ambassade des États-Unis dans les organes centraux de l'Union, ces relations cachent mal des intérêts différents, des principes différents, des regards sur le monde différents.
J'invite les États membres à montrer vis-à-vis de Washington, comme la France le tente avec certes avec des succès inégaux, un peu plus de dignité et d'esprit d'indépendance pour le bien de toute l'Europe.