Intervention du 22 mai 2007 sur la situation en Palestine
Madame la Présidente, la situation en Palestine confirme tristement ce que les souverainistes disent depuis des lustres au sujet du conflit proche-oriental, à savoir qu'il serait faux de croire que ce conflit puisse avoir pour grille de lecture la simple opposition entre Palestiniens et Israéliens et encore moins, bien entendu, entre musulmans et juifs.
La vraie ligne de fracture, de plus en plus béante d'ailleurs, oppose, d'un côté, les partisans de la conciliation, comme plusieurs hommes d'État israéliens en ont montré l'exemple je ne peux manquer de citer ici le nom glorieux de Yitzhak Rabin , mais aussi des hommes d'État palestiniens, comme Yasser Arafat et Mahmoud Abbas, et, de l'autre côté, les fanatiques, aussi bien les fanatiques musulmans que les fanatiques du grand Israël, dont les connivences, d'ailleurs, ne sont plus à démontrer puisque l'on sait que des mouvements extrémistes palestiniens ont été voulus, et même financés, par certains radicaux israéliens.
Il y a donc deux camps: d'un côté, le camp de la solution politique et, finalement, de la paix; de l'autre, celui de l'affrontement, de la haine et de la guerre sans fin. Le malheur a voulu que, malgré de bonnes paroles, les États-Unis jouent le jeu des faucons, celui des extrémistes israéliens et des intégristes musulmans, tandis que l'Europe, je veux dire les principaux États européens sont, pendant ce temps, restés muets. La seule voix européenne tant soit peu unie fut celle de la déclaration de Venise, en juin 1980, par laquelle les Européens se prononcèrent pour la création d'un État palestinien. Toutefois, nos divisions reprirent de plus belle et, désormais, l'Europe, une fois encore, ne peut parler d'une seule voix que pour ne rien dire.
Eh bien, il est temps de libérer la souveraineté des États d'Europe, pour qu'ils puissent de nouveau jouer leur jeu librement dans cette partie du monde, où se joue une bonne partie de leur avenir.