Relations UE-Russie ( Bruxelles, 21 octobre 2008 )
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, puisque l'heure est à la contrition – j'ai l'impression que c'est l'ambiance du jour – du moins à la révision des dogmes et des réflexes, je sais d'ailleurs gré au président de la République française d'en avoir donné, ce matin, une illustration qui paraissait sincère, alors révisons aussi notre vieille, notre très vieille méfiance vis-à-vis de la Russie, ou plutôt à l'encontre de ce pays qui est, qu'on le veuille ou non, un de nos partenaires.De ce point de vue, je vous conseille aussi – comme l'a fait mon excellente collègue libérale – de lire une biographie de la Comtesse de Ségur, notamment celle de Mme Strich, aux excellentes éditions Bartillat, et vous verrez tout le poids qu'il faut donner au mot que vous avez prononcé à deux reprises – si je vous est bien écouté –, le mot "interdépendance".
Oui, évidemment, nous sommes interdépendants, mais pas simplement en matière de lutte contre le terrorisme ou d'armes de destruction massive. Nous le sommes de tous les points de vue, en matière énergétique, c'est une évidence, mais aussi en matière de recherche, en matière industrielle et en matière politique, de façon multiforme, bien entendu.
Et pensons à ce que sera ou ne sera pas le visage de l'Europe au XXIe siècle selon que nos nations seront toujours associées à la mise en valeur des immenses richesses de la Sibérie. Alors, de grâce, cessons d'épouser des querelles qui ne sont pas les nôtres, qui sont des querelles d'une puissance tierce qui a intérêt à diviser l'Europe pour la dominer. Et croyez bien que je pense en cela à l'intérêt de l'Europe, si vous voulez bien accepter que les souverainistes français aient aussi ce sujet de préoccupation en tête.