Intervention portant sur les résultats du Conseil européen (19-20 mars 2009) (Bruxelles, débat, 25 mars 2009)

Monsieur le Président, on s'amuse à lire les conclusions de la Présidence du dernier Conseil. Elles ressemblent au communiqué de victoire de toutes les armées en déroute. Elles en ont le dérisoire jusque dans l'affirmation réitérée que la crise finissant, l'UE construira une économie plus forte pour l'avenir, ou dans la réaffirmation d'une stratégie de Lisbonne en pleine déroute.

Ainsi, à mesure qu'ils s'enferment dans leur tour de verre, les eurocrates, europhiles et européomanes en tout genre, finissent par ne plus prendre la mesure des choses. Tout le monde sait bien que la zone euro fut la première à entrer en récession pour avoir connu pendant huit ans le taux de croissance le plus faible du monde. Mais c'est aussi celle qui connaît les plus grandes difficultés quant à sa compétitivité industrielle et la situation de l'emploi. Surtout c'est elle qui, par le désarmement général des défenses naturelles enlevées aux nations, est la moins armée pour réagir.

En réalité, le seul mérite de cette crise sera de réveiller les peuples bercés par les facilités de l'anticipation financière et par la propagande antinationale. Seuls les États disposeront des instruments légitimes nécessaires à toute action d'envergure et ils devront pour cela bousculer les carcans de l'UE et de l'euro. Pour les Français en tous les cas, il est de plus en plus clair qu'il n'y aura pas de salut sans la France, pas de France sans politique française, pas de politique française sans souveraineté nationale et populaire.