Communiqué de Paul Marie Coûteaux
France soir, le 5 avril 2004

 

"Ne laissons pas mourir la France !" : ce n'est pas par souci publicitaire que, au début de cette année, Nicolas Dupont-Aignan et moi-même avons ainsi intitulé notre correspondance, sous-titrée : "gaullisme et souverainisme".

Aujourd'hui, la France est bel et bien menacée de disparaître comme nation libre ; elle est menacée dans ses forces vives, qu'il s'agisse de notre industrie ou de notre agriculture livrée aux dérives de la PAC, mais aussi dans ses forces morales et politiques, et son unité même ; elle est menacée par la faillite financière, la paralysie d'un Etat impuissant face à des réformes pourtant urgentes ; elle est menacée par le permanent désaveu d'élus sans véritable légitimité nationale ; elle est menacée enfin par l'abandon des derniers instruments de la Souveraineté, condition de la volonté collective, du Bien commun et donc de la République. Désormais la création d'un môle de résistance profondément enraciné dans la nation et dans son peuple est le dernier recours contre le déferlement de ce que de Gaulle nommait " les fausses fatalités de l'Histoire".

Faute de référendum, les élections européennes du 13 juin constitueront peut-être l'ultime occasion de réunir les âmes fortes de la République et de bâtir ce môle national et populaire qui toujours surgit face au péril. Il faut que les Français sachent la saisir avant que ne se prennent dans leur dos des décisions lourdes de conséquences à très long terme : dès le Sommet du 18 juin, une "Constitution" dissolvant les Nations, et par delà l'Europe elle-même, dans un super Etat fédéral qui sera la fin de la démocratie ; l'abolition de toutes les frontières et l'élargissement de l' Union jusqu'à la Turquie ; l'application autoritaire du Pacte de Stabilité, notamment par la mise sous tutelle financière, la dérégulation imposée et le démantèlement de nos services publics les plus essentiels. C'est la République elle-même qui se dissout sous nos yeux.

Député français au Parlement européen, élu sur la liste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers en 1999, président de la délégation souverainiste du groupe EDD, membre fondateur du RPF, président fondateur du RIF et de la Coordination souverainiste qui regroupe 18 associations militantes, j'appelle aujourd'hui Jean Saint-Josse et tous mes collègues de CPNT siègeant au sein de mon groupe, j'appelle tous les gaullistes, j'appelle Nicolas Dupont Aignan et mes compagnons de Debout la République, dont je fus un des premiers adhérents et dont les travaux lors de la Convention de samedi dernier 3 avril ont montré de prometteuses évolutions, j'appelle tous les Français fidèles à l'espérance gaulliste, fidèles au combat souverainiste, fidèles à l'idée même de la République, j'appelle mes amis, camarades et compagnons dispersés dans de multiples cénacles que je ne cesse de rencontrer dans toute la France depuis la bataille de Maestricht, à faire le seul choix qui s'impose, celui du combat immédiat, et corrélativement celui du seul homme qui est aujourd'hui en situation de l'incarner.

Lors de Maestricht en 1992, six voix françaises s'étaient élevées contre une perspective fédérale que déjà une moitié de Français redoutait. Ces voix représentaient la diversité de notre peuple, Georges Marchais comme Jean-Marie Le Pen, Jean-Pierre Chevènement comme Philippe de Villiers, Charles Pasqua ou Philippe Séguin. Les aléas des carrières et des parcours, que je me suis efforcé de suivre pas à pas depuis 12 ans, font que désormais le plus jeune d'entre eux, Philippe de Villiers, est aux yeux de l'opinion le seul en mesure de mener ce grand combat Nous devons l'y aider dans le respect des diversités politiques, philosophiques ou spirituelles de chacun. C'est pourquoi je me rendrai mercredi prochain au lancement de sa campagne pour les européennes de juin, à laquelle je participerai. Il faut que ce combat soit victorieux.


Paul Marie Coûteaux