Choisir entre les nations et les ethnies
Valeurs actuelles, chronique n° 7

Un train peut en cacher un autre, c’est entendu ; mais dans ce monde où chaque mot peut cacher le contraire de ce qu’il entend signifier, ce sont les concepts même qui se masquent les uns les autres. Le lendemain même du funeste 15 mars où l’Assemblée de Strasbourg acceptait de nommer " chocolat " ce qui n’était plus du chocolat (allant jusqu’à écarter l’obligation qui paraissait pourtant de bon sens de ne plus utiliser le vocable " chocolat "), le Parlement européen adoptait un rapport devenu ipso facto résolution en bonne et due forme, sur la protection des droitse de l’homme, soiuvent traduits en français par droits humains qui semblent être le contraire même des droits de l’homme dans l’acceptation française et qu’elles sont fondées de longue date sur la souveraineté du peuple en réhabilitant ce qu’est l’exact contraire, c’est-à-dire les droits ethniques.

On doit ce rapport à un député libéral britannique, la Baronness Sarah Ludford. Que dit-il ? Le point le plus important pourrait être l’opprobre générale jetée sur la nation qualifiée de foyer de racisme et de xénophobie

Dans sa séance plénière du jeudi 16 mars 2000 à Strasbourg, le Parlement européen a adopté le rapport de la Baronness Sarah Ludford. Pour un Français normalement constitué, dont les cadres intellectuels restent ceux de la Res Publica, ce rapport, qui réhabilite la notion d’ethnie en lieu et place de la nation, comme brique de base de l’Union européenne (considérant O : " les préjugés raciaux constatés en Europe sont complexes et fondés sur les notions de nation et de patriotisme "), illustre à merveille l’excellente maxime du Sapeur Camembert " quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite ". Outre le considérant O sus-mentionné, on peut y lire des phrases telles que, considérant H : " le Parlement européen se félicite de la diversité ethnique qui constitue un avantage économique dans une économie mondialisée " – il faut comprendre que les nations sont des obstacles dans le processus de mondialisation mais qu’en revanche les ethnies sont des avantages. Ou encore, le Parlement européen souhaite (considérant H – alinéa 3) que " les administrations nationales et les institutions de l’Union européenne deviennent pleinement représentatives de la diversité ethnique de l’Europe ". Nous voici donc en route pour les quotas que l’on espère pas seulement fondés sur la couleur, mais aussi conformément à la notion précise d’ethnie sur les origines : il y aurait un quota breton, basque, berrichon, russe blanc, polonais, savoyard, parisien rive droite, parisien rive gauche, etc…

Considérant JJ (sic) : le Parlement européen déplore que : " le Conseil n’ait toujours pas trouvé le moyen de donner corps au concept de citoyenneté européenne, c’est-à-dire d’octroyer aux ressortissants de pays tiers résidant légalement dan s l’Union européenne des droits en matière de libre circulation, de réunification des familles et de vote ". Ce qui signifie en clair que la simple résidence vaut citoyenneté sans même qu’il soit expressément fixé un délai minimal pour ladite résidence. Doit-on comprendre que qu’un résident de quelques mois est ipso facto citoyen européen ?

Considérant SS (sic bis), le Parlement européen " reconnaissant que c’est dans les domaines où opèrent les services de police, de justice et d’immigration que les groupes ethniques minoritaires font le plus directement l’expérence de la discrimination (souhaite que les enquêtes à la suite de plaintes contre les services de police émanant de minorités ethniques soient confiées à des organismes indépendants) ".

Le point 1 du rapport invite " instamment " les Etats-membres à " encourager les structures communautaires ".

Point 5 : " Invite les Etats-membres qui ne l’ont pas encore fait (c’est-à-dire principalement la France) à ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ". Il demande aussi aux gouvernements " de diffuser des informations accessibles dans les langues minoritaires concernant les services publics " (point 3).

Point 6 : " Demande que les autorités publiques des Etats-membres parviennent (il doit s’agir des administrations nationales et des organes politiques) engagent des actions positives pour parvenir à une diversification ethnique accrue de leurs personnels ".

Demande l’instauration d’un suivi ethnique (point 17) par lequel l’Union européenne doit " collecter des données ethniques fiables " ; il demande " que le suivi ethnique devienne obligatoire pour les toutes les entreprises comptant plus de 250 salariés… ".

Et l’on en passe, le texte du rapport Ludford est disponible au service de documentation du Parlement européen. On aimerait seulement savoir des députés qui, majoritaires ce jour-là ont approuvé ce rapport, quel peut être le sens de l’expression " minorités ethniques " dans un pays comme la France, ou plus exactement la République Française qui serait bien en peine

Paul-Marie Coûteaux

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